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31/08/2021

[ HARDI ]

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31/07/2021

[ GESTATION ]

    •    Au sens figuré, période pendant laquelle un artiste, un écrivain travaille à une oeuvre en cours ; c'est aussi l'état de l'oeuvre pendant cette période. Pour l'auteur, la gestation est un état très particulier, de travail, mais aussi de préoccupation et même de hantise jusque dans la vie courante ; il a l'impression de vivre dans deux mondes à la fois, celui de l'oeuvre et le monde réel ; et il s'est orienté vers l'achèvement, il sent cependant avec l'oeuvre une intimité à laquelle il regrette souvent de devoir mettre fin. Pour l'oeuvre, ce n'est pas seulement l'inachèvement ; c'est un état dynamique de transformations perpétuelles ; les brouillons, les esquisses en donnent une idée, mais ne rendent pas l'essentiel, qui est ce statut de toujours mouvant.

---> CONCEPTION, ESQUISSE.

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30/06/2021

[ FARFELU ]

    •    Adjectif ancien, attesté du XIIIe au XVIe siècle sous des formes variées : farfelu, faufrelu, etc. Il appartient à la nombreuse famille issue du grec πομφόλυξ (pompholyx), ampoule de sérosité ou bulle d'air. Après un tour par l'italien, il est revenu nous donner fanfreluche. L'idée générale est celle de léger et plaisant, agréable, mais à ne pas prendre au sérieux. Dans Parthenopeus de Blois, une jeune fille courtisée par un jeune homme qu'elle hésite à croire sincère lui dit qu'il ne faut pas croire les galants "quand ils ont dit leur faufelue".
    •    Sous la forme farfelu donnée par Rabelais, le terme a été remis à la mode vers le milieu du XXe siècle, en y ajoutant l'idée d'une certaine bizarrerie. L'adjectif qualifie surtout des personnes, ou des comportements humains. On parle aussi de "genre farfelu" en littérature ou au cinéma : il s'agit d'oeuvres amusantes qui jouent sur une étrangeté allègre, en joyeux contraste avec la logique ou les lois ordinaires du réel.

---> BIZARRE

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31/05/2021

[ ÉBAUCHE ]

    •    L'ébauche est soit, en charpenterie, le dégrossissement du bois pour en faire une poutre, un balcon (du francique balk, "poutre"), soit l'extrait de mortier (cf. l'irlandais balc, "mélange boueux"). Elle est dans le bâtiment la préparation encore grossière d'un ouvrage. Par suite, elle est en peinture et sculpture la disposition préparatoire des masses ; et, dans un sens plus figuré en littérature et musique, elle est la mise en place des grandes lignes d'une oeuvre avec quelques fragments rédigés de manière encore provisoire (ceci la distinguant du simple plan).
    •    Elle est ambiguë. D'un côté, elle n'est qu'une esquisse approximative de l'oeuvre, prime essai d'organisation du matériau, sans valeur tel quel. D'où l'acception péjorative d'oeuvre informe qui n'a pas encore atteint son achèvement. De l'autre, elle est le temps du choix créatif qui, par un geste spontané ou médité, par l'ébauchoir, mène l'oeuvre de la velléité à la présence (cf E.Souriau, correspondance des arts, IV, XII) en marquant la matière d'une fin spirituelle transformant la nature en art. D'où une beauté imprévue, tels les Esclaves de Michel-Ange.
    •    Par là elle pose la question d'une herméneutique de l'origine matérielle, spirituelle de la création ; ainsi, selon Heidsick, "l'ébauche mentale (…) l'ébauche incessamment continuée (…) montrent très clairement comment l'oeuvre à venir détermine l'esquisse qui en est le chemin" (L'inspiration, III, 5).

---> CANEVAS, DÉGROSSIR, DESSIN, ESQUISSE.

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30/04/2021

[ DÉCORATIF ]

  • Si le terme de "décoration" se trouve depuis fort longtemps dans le vocabulaire du théâtre, l'adjectif "décoratif" n'apparaît qu'au XIXe siècle, avec une valeur neutre, dans le sens : qui participe à l'ornementation de l'environnement. À partir de là, cet adjectif a pris deux valeurs opposées selon les auteurs ou les mentalités.
  • Tantôt, il est laudatif : serait décoratif tout ce qui flatte le goût et donne aux hommes une satisfaction hors de l'ordre biologique pur et de l'intellection pure. En ce cas, tout art est décoratif. Le décoratif souligne le structurel (cas des chapiteaux sculptés), renforce le charme d'un édifice en lui donnant une dimension culturelle, renvoie à tel ou tel trait de la sensibilité ambiante. Loin de résulter d'une horreur du vide, le décoratif naît du désir d'exciter l'imagination du public en lui présentant des effets raffinés, calligraphiques sur des thèmes souvent répertoriés.
  • Tantôt, il est péjoratif, qualifiant un ajout, un superflu, qui altèrent la forme pure, la structure d'un objet, d'un monument. Le décoratif pallie des défauts, des maladresses dans une architecture, un meuble, une reliure... Aujourd'hui, ce sens péjoratif tend à disparaître, et le sens laudatif prédomine.

---> DÉCORATIFS (ARTS), ORNER/ORNEMENT/ORNEMENTAL

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31/03/2021

[ CACOPHONIE / CACOPHONIQUE ]

  • Du grec κακός : mauvais et φωνή : voix. Qui sonne mal. Sens premier : rencontre de sons ou de syllabes qui heurtent désagréablement l'oreille (contraire : euphonie).
  • De nos jours, on utilise plus souvent ce terme pour qualifier une musique que l'on juge discordante, bruyante et incohérente. Telle serait par exemple la sonorité d'un ensemble instrumental dont chaque membre jouerait forte une musique différente, indépendamment des autres membres de l'ensemble.
  • Cependant, il faut remarquer qu'il s'agit d'un jugement subjectif qui peut être dû à un manque de culture musicale, à un trop profond dépaysement devant une musique novatrice ou appartenant à une civilisation différente. Aussi, beaucoup d'oeuvres aujourd'hui non seulement reconnues, mais considérées comme classiques ont été d'abord entendues comme "cacophonie". Wagner, Stravinsky sont de ce nombre.
  • Rendus prudents par de tels exemples, les critiques et les mélomanes évitent en général de se prononcer aussi catégoriquement, aussi trouvons-nous actuellement cette expression surtout dans la bouche des ennemis déclarés de la musique moderne, ou encore appliquée à des phénomènes sonores non musicaux. On pourra dire par exemple que dans une réunion contradictoire, les cris, les applaudissements, les sifflets et les bruits divers formaient une horrible cacophonie.
  • Tant en littérature qu'en musique, la cacophonies a été volontairement employée comme telle à des fins humoristiques, par exemple dans des pastiches, "à la manière de", etc.

---> BRUIT, DISCORDANT, DISSONANCE.

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28/02/2021

[ BIGARRÉ ]

  • Du verbe bigarrer, étymologie d'après Ménage, Bis-variare, cf. le berrichon gareau : de couleurs vives. Qui présente, dans le dessin et surtout dans la couleur, des juxtapositions multiples. Une prairie bigarrée de fleurs. Le vêtement d'Arlequin est bigarré.
  • Au figuré, formé d'éléments disparates. Le langage bigarré : langage dans lequel on entre-mêle des mots de deux langues. Les Bigarrures du Seigneur des Accords, par Etienne Tabouret "sieur des Accords" (1582) est un recueil de rébus, coq-à-l'âne et autres facéties de langage. On disait péjorativement d'un style qu'il est bigarré quand il cherche des effets par le disparate.

---> DISPARATE

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31/01/2021

[ ABANDON ]

  • Implique une idée de décontraction plutôt que de laisser-aller.
  • La chose exécutée avec abandon est faite sans rigueur, mais sans mollesse. L'idée essentielle semble être l'absence d'effort. L'exécutant ou le créateur se laisse porter, conduire, par son oeuvre. Il doit donner l'impression d'une grande aisance, mais sans fautes techniques. On ne peut pratiquer un art avec abandon que lorsqu'on en possède la maîtrise parfaite, qu'on en a totalement assimilé la technique et qu'on l'a dominée.

---> AISANCE, COULANT, FACILE/FACILITÉ, GRÂCE.

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